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Brouage, Grand Site National

La découverte de Brouage, un voyage dans le temps, grandeur, décadence, renouveau, la rencontre de la Saintonge et du Québec.

A 35 km de Royan, 6 km au nord de Marennes, Brouage est un lieu de promenade de plus en plus fréquenté, ce qui est parfaitement justifié par son histoire, le site et son évolution, la richesse du marais environnant.
Quand on a vu Brouage pratiquement en ruines dans les années 1950, on mesure le remarquable travail de restauration accompli et on a beaucoup de plaisir à visiter et revisiter le Brouage d'aujourd'hui.

Un accès facile, par le nord ou par le sud

La route départementale D3 traverse la citadelle. En venant du sud, de Marennes, on entre par la Porte de Marennes.
En venant du nord, de Rochefort, par Moëze, on peut laisser la voiture sur le parking à l'extérieur des remparts, près du bastion nord et  pénétrer dans la citadelle par la Porte Royale, percée dans ce bastion Nord.
La Porte Royale donnait autrefois accès aux quais. Ce havre côté nord est maintenant réduit à un chenal.

Une information touristique riche et pratique

Avant de monter sur les remparts ou de flâner dans les rues, il est bon de faire une visite à l'Office de Tourisme, où on trouvera de nombreuses brochures et ouvrages sur la ville et un accueil sympathique et compétent.
L'Office de Tourisme est installé dans une très belle salle du bâtiment des Forges Royales, adossé au bastion Nord, à l'extrémité de la Rue de Québec, rue principale et partie de la route D3 qui traverse la ville.
L'Office de Tourisme propose des visites guidées. Des panneaux d'information très clairs sont placés aux points les plus remarquables.

Le grand port de mer de Louis XIV

Le panneau avec le plan de la Citadelle nous  présente Brouage en ces termes:
"Etablie vers 1555, Brouage fut d'abord place Européenne du commerce du sel avant de devenir place Militaire sous l'impulsion de son gouverneur d'alors, Richelieu."Construite avec façon et gentillesse", aujourd'hui protégée par le marais littoral, la citadelle se laisse découvrir au gré des bâtiments visités, au détour des bastions et des courtines, au fil des rues.
Imaginez le plus beau hâvre de France: grand port de mer de Louis XIV."
Brouage devient en effet le grand port de mer de Louis XIV. La ville a compté jusqu'à 4 000 habitants.
Dans la dernière partie du 17ème siècle, le port commence à s’envaser et c’est le déclin de la cité. Rochefort lui ravit son rôle militaire.

La Halle aux Vivres

Un superbe bâtiment remarquablement restauré. A l'intérieur, des voûtes de briques sur des piliers de pierre. On nous dit qu'elle pouvait contenir 720 barriques au rez de chaussée et 300 tonnes de blé au 1er étage! Elle abrite une exposition du Centre Européen d'Architecture Militaire.

La poudrière Saint-Luc

Elle est située au sud-ouest de la citadelle, près du bastion Saint-Luc. Le bâtiment est très élégant avec un toit de tuiles.

La poudrière de la Brèche

Elles est située pratiquement à l'opposé de la poudrière Saint-Luc, près du bastion de la Brèche. Elle a été édifiée en 1692 par Vauban. Le bâtiment est couvert de dalles.
Un panneau nous explique que 40 000 livres de poudre, soit 20 tonnes y étaient entreposées dans de petits tonneaux posés sur des cadres de bois.
Elle alimentait les ouvrages avancés par le port souterrain tout proche. Le deuxième port souterrain était près du bastion d'Hiers.

Brouage, la ville de l’amitié franco-québecoise

Vous avez peut-être déjà voyagé au Canada. A Québec, dans la Haute-Ville, sur la célèbre terrasse Dufferin, dominant le Saint-Laurent, au pied du château Frontenac, vous n’avez pu manquer la statue monumentale de Samuel de Champlain, en hommage au ‘Père de la Nouvelle France’ et vous avez lu, sur le socle de la statue, ‘ Samuel de Champlain, né à Brouage en Saintonge vers 1567

Ne cherchez pas cette statue à Brouage, allez plutôt la découvrir à Québec!

Champlain part de Honfleur en 1603 sur le navire La Bonne Renommée, pour un premier voyage d’exploration et cinq ans après, il établit un poste de traite des fourrures à Québec.

Québec est prise par les Anglais en 1629. Champlain revient en exil à Brouage et prie dans l’église pour revoir Québec.

Son vœu est exaucé, Québec est reconquise en 1632. Il regagne Québec où il décède le 25 décembre 1635.

La relation entre le Québec et Brouage ne s’est pas arrêtée au 17ème siècle. Aujourd’hui, le Canada est toujours aussi présent à Brouage. 

La rue principale s’appelle la Rue de Québec.

L’église Saint-Pierre, antérieure aux fortifications de la cité, a été restaurée avec des dons de la ville de Québec. 

Construction d’une maison Champlain à Brouage

Brouage et la région préparent les célébrations du 400ème anniversaire de la création du Québec qui s’étendront de 2004 à 2008.

Le gouvernement canadien et le conseil général de Charente-Maritime se sont associés pour la construction de la maison Champlain à Brouage.
Cette maison-musée sera construite à l’endroit de la maison de famille où est né et a vécu Samuel de Champlain. Elle devrait être terminée en 2004.

Il y a encore beaucoup de choses à découvrir sur ce personnage extraordinaire, bien plus célèbre au Québec qu’en France.
La Maison Champlain contribuera à mettre en valeur les multiples compétences de Samuel de Champlain.

Pierre Dugua de Mons

Ce sera aussi une occasion de faire connaître Pierre Dugua de Mons, autre Saintongeais, originaire cette fois de Royan. En fait, dans ses explorations du Canada, Champlain était mandaté par Dugua de Mons, qui était aussi au Canada en 1605.
Un Comité Dugua de Mons a été créé à Royan pour participer aux fêtes du 400ème anniversaire et faire connaître, à cette occasion, l’action de ce royannais encore trop peu connu.

Louis Houël

Nous avons reçu en août 2003 un message de Monsieur Denis Houël qui vit au Québec. Ce témoignage émouvant intéressera tous les visiteurs de Brouage. Nous sommes très reconnaissants à Mr Denis Houël de nous avoir autorisés à le publier:

"Je suis français et je vis à Québec depuis un bon bout de temps ...Les articles sur Samuel de Champlain, né à Brouage, affluent et c'est normal ...
On entend beaucoup moins parler d'un homme qui est né aussi à Brouage et qui était un ami personnel de Champlain, Louis Houël, et pourtant, il était conseiller du roi, s'occupait des Salines de Brouage et fut anobli.
Il aida Champlain à trouver des fonds pour la nouvelle France.
Des traces de lui existent dans les archives du Québec, mais aussi dans les légendes indiennes et dans le fait qu'une ville porte son nom. Il fit beaucoup pour les colons français, je dispose d'archives autant du Québec que de France ...
Le frère de Louis Houël, Charles est venu aussi au Québec avant de repartir pour la Guadeloupe où il devint gouverneur général ...
Lors d'une de ses visites à Québec, Louis Houël étant en cours de négociation pour la traite des peaux, sa femme et son fils partirent sur le fleuve St Laurent avec les canotiers du bateau ... pour visiter ...; arrivés au début de la noirceur, ils arrivèrent sur le fleuve, près de l'embouchure d'une petite rivière ...Ils décidèrent de mettre pied à terre pour la nuit, ils repartiraient le lendemain matin ...
Le lendemain, ils furent retrouvés tous morts, tués par un groupe d'indiens en colère ...
Louis Houël repartit de Québec effondré. De retour en France, il alla voir son ami le roi qui, pour le consoler, lui donna la saline de Honfleur et le nomma régisseur.
Je vais souvent dans la ville "Rivière Ouelle". Le maire de la ville m'a contacté en 1993, pour me dire que normalement on devrait écrire "Rivière Houël", selon un arrêté du seigneur des lieux "Le Sieur De La Bouteillerie".

Denis HOUËL
1341 avenue Maguire - Sillery - Québec - G1T 1Z2 - Canada
ateliersnormandie@sympatico.ca

Le Chemin de Ronde des Remparts de Brouage

Les remparts de Brouage, bâtis de 1630 à 1640, exemple type des fortifications du début du 17ème siècle, annonciatrices des fortifications de Vauban.

On peut faire tout le chemin de ronde sur un chemin herbeux plat et facile. Si on ne souhaite pas faire le tour complet, il est possible à plusieurs endroits de redescendre dans la ville.

L'escalier de Marie Mancini

L'escalier situé à gauche de l'Office de Tourisme est un bon point de départ pour la promenade sur le haut des remparts. Un panneau nous indique que c'était l'escalier emprunté par Marie Mancini pour aller rêver sur les remparts.
Brouage est en effet également célèbre par le séjour en 1659, de Marie Mancini, nièce de Mazarin, aimée par Louis XIV et éloignée par le Cardinal pour raison d’Etat, la volonté de marier le roi avec l’infante d’Espagne Marie-Thérèse. Elle choisit "le Château de Brouage, lieu dénué de divertissement" pour y oublier son dépit.

Une construction impressionnante

400 mètres de côté, 7 bastions, 19 échauguettes,
7 courtines d'une hauteur moyenne de 11 mètres

Les tourelles suspendues, les échauguettes, sont très gracieuses et donnent beaucoup d'allure à l'ensemble.
Prenez le temps de pénétrer à l'intérieur d'une échauguette et de voir par l'ouverture, le marais à perte de vue. On imagine la vue sur la mer du guetteur du 17ème siècle!
On mesure la distance parcourue entre le grand port de mer du 17ème siècle et la situation actuelle de la citadelle perdue dans le marais entre terre et mer.
Les remparts dominent les marais d'une bonne dizaine de mètres et un peu de prudence est recommandé.

Courtine, bastion, courtine, bastion,...

Une courtine assure la liaison entre deux bastions. Il est facile de se repérer car tous les bastions et courtines portent un nom dans une grande logique!
En partant de l'escalier  de Marie Mancini, on quitte le bastion Royal pour prendre la courtine du Gouvernement qui conduit au bastion de la Mer, puis la courtine de la Mer qui conduit au bastion de Saint-Luc, puis la courtine de Saint-Luc qui conduit au bastion d'Hiers, puis la courtine d'Hiers qui conduit au bastion Richelieu, puis la courtine Richelieu qui conduit au bastion de la Brèche, puis la courtine de la Brèche jusqu'au bastion de la Rivière, puis enfin la courtine Royale pour retrouver le bastion Royal.
Nous avons bien nos 7 bastions et 7 courtines. Quant aux échauguettes, nous ne les avons pas comptées!
Hiers est le village que l'on traverse avant Brouage en venant de Marennes. Les deux communes ont fusionné pour donner naissance à la commune de Hiers-Brouage.
Le parcours du chemin de ronde offre de belles vues sur les marais, la mer et l'île d'Oléron. Il permet de découvrir la géométrie de la ville à l'intérieur de ses remparts et les principaux bâtiments, l'église Saint-Pierre, la poudrière Saint-Luc, la poudrière de la Brèche, la Halle aux vivres..

Les découvertes

En arrivant au bastion Richelieu, on est surpris de voir une petite construction en bois avec un toit conique. Il s'agit de l'entrée de La Glacière. On nous dit qu'elle permettait d'améliorer l'ordinaire en offrant aux invités de marque, entremets et sorbets.
Il y a d'autres surprises comme ce panneau à la "Place de Commerce" qui évoque la vie des habitants du 17ème siècle:
"D'ici les marchands surveillaient les va et vient du port, le travail dans les marais salants ou le bon chargement des navires, tout en discutant de la bonne marche de leurs affaires, de la gabelle, des "droits du Roi" qui grèvaient trop largement les bénéfices des ventes à l'étranger."
Ou encore cette plaque érigée à l'île Sainte-Croix et à Brouage en 1979 par l'Administration des Ressources Historiques du Nouveau-Brunswick.
"Cette plaque commémore le 375ème anniversaire du premier établissement européen en Acadie, fondé dans l'île Sainte-Croix, en juin 1604 par deux Saintongeais, Pierre du Gua de Monts, gouverneur de la colonie, et Samuel de Champlain, géographe du Roi."

Nous aimons beaucoup l'étendue, la sérénité des vues sur les marais intérieurs, à partir de la courtine Richelieu. Un banc de pierre judicieusement placé permet d'en profiter.

L'église Saint-Pierre de Brouage

Sobriété et austérité de l'extérieur, beaucoup à découvrir et à apprendre à l'intérieur.

L'église Saint-Pierre a été ouverte au culte en 1608, année de la fondation de Québec. Elle est antérieure à la construction des remparts.
Après avoir été chassé de Québec en 1629, Champlain est revenu à Brouage et aurait prié dans l'église pour que le Canada soit restitué à la France, faisant voeu de faire construire à Québec une église dédiée à Notre-Dame de Recouvrance.

Le portail à fronton classique est surmonté de trois écussons. Un écusson est aux armes de Timoléon d'Espinay-Saint-Luc, gouverneur lors de la construction en 1608.

Dans les bas-côtés, on peut voir une exposition très complète sur les origines de la "Nouvelle France" et son évolution.

L'église a été restaurée avec l'appui de partenaires Canadiens et de nouveaux vitraux ont été mis en place.

En juin 2001, l'inauguration d'un vitrail a donné lieu à une rencontre franco-québecoise avec la présence de Madame Diane LEMIEUX, Ministre d'Etat à la Culture du Québec. Elle terminait son allocution ainsi:

"En terminant, je veux formuler le souhait que le vitrail que nous dévoilons aujourd'hui contribue à éclairer d'un vif éclat aux couleurs de nos deux nations les liens qui unissent la France et le Québec.
Je crois qu'on peut affirmer que ces liens ont acquis ces dernières années leur pleine maturité. Une maturité qui génère de formidables retombées culturelles."

Le vitrail de gauche rappelle la fondation de Québec. Le vitrail de droite a été offert par le Nouveau-Brunswick. Il représente le petit poste de l'île Sainte-Croix, fondé en 1604 par Pierre Dugua de Monts, et dessiné par son lieutenant Samuel de Champlain. Le vitrail central évoque la fondation de Brouage en 1555.

Notes